
Dans ce premier dimanche olympique dit des avions de chasse, voici donc Jessica Fox la kayakiste franco-australienne qui rejoint les ultra-dominateurs français du jour au tableau d’honneur de l'histoire olympique : Pauline Ferrand-Prévôt (3’57 d’avance sur la médaille d’argent en VTT cross country) Léon Marchand (400 mètres 4 nages) plus de cinq secondes sur son dauphin. Et donc Jessica Fox, 30ans deux grosses secondes devant le reste du monde dont la française Camille Prigent, qui termine à la sixième place après une touchette. La native de Marseille (1994) a donné le sentiment de voler sur l’eau, en maîtrise et en anticipation sur le magnifique bassin olympique de Vaires-Sur-Marne, dont elle connait parfaitement les pièges et les remous à force de s’y entraîner et de gagner sur tous les plans d’eau du monde depuis dix ans (13 titres de championne du monde). Dans sa discipline phare le K1 féminin (kayak monoplace, double pagaie, station assise), elle semble aujourd’hui intouchable : 5 médailles olympiques à ce jour dont celle en Or aux JO de Tokyo en 2021 en C1 (canoë monoplace, mono-pagaie) qui l’a consacrée star en Australie dans son pays d’adoption. La petite Jessica y a débarqué dans les bagages de ses champions de parents l’anglais Richard Fox et la française Myriam Fox-Jérusalmi, deux légendes mondiales du monde du canoë-kayak.
Myriam Jérusalmi, a atteint son premier Everest en 1989 aux championnats du Monde de Savage River (USA). Ce jour-là elle livre une seconde manche d’anthologie, juste avant l’orage, qui lui permet de décrocher sa première médaille d’or mondiale devant les deux américaines ultra-favorites et ses meilleures amies : Dana Chladek et Cathy Hearn. Elle devient alors la première « River Queen » française.
Le même jour, le fiancé anglais de la « marseillaise de Mazargues » fait aussi bien. Après une première manche calamiteuse, Richard Fox signe une seconde manche d’exception devant le français Gilles Clouzeau. Ces deux-là ne quitteront plus jamais les podiums internationaux en traçant leur propre stratégie de préparation naviguant en quasi autonomie sur tous les plans d’eau de la planète sans jamais de morte saison, considérés qu’ils étaient dans la mondiale communauté du canoë-kayak comme des champions globe-trotters « pour apprendre à lire les rivières et toujours rester au plus haut niveau ».
C’est dans ce double creuset d’excellence que Jessica a grandi, dans le sillage du très actif club Marseille-Mazargues-Canoé-Kayak notamment animé par le grand père fondateur avec, pour commencer sans trainer, une licence dans sa première poussette. Myriam Fox-Jérusalmi, pionnière du kayak féminin français, compte à son palmarès huit titres de championne du monde et une médaille de Bronze olympique à Atlanta en 1996. Richard Fox, le papa, totalise douze titres mondiaux. Il a échoué au pied du podium olympique en 92 à Seo de Urgell lors des JO de Barcelone. Après la moisson des médailles, ils se sont installés en Australie pour construire et développer une équipe de niveau mondial qui n'existait pratiquement pas à Sidney. C’est aujourd'hui chose faite. Jessica, véritable star dans le monde du sport australien en est le porte-drapeau, y compris pour la délégation olympique pour Paris 2024. Et la sœur, plus jeune, Noémie Fox se présente elle aussi aux portes des slaloms. Sous la credo et le coaching efficace de la « River Queen », la maman Myriam Fox-Jérusalmi. À Paris, Jessica peut encore briller ce mardi dans le slalom Canoë monoplace pour défendre son titre de Tokyo, puis dans le kayak cross, une épreuve de tempérament qui lui convient parfaitement.
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