Permis de secourir : comment Virgile a sauvé son copain Frédéric d'un étouffement
Contre l'étouffement, la manoeuvre de Hemlich. Qui sauve !
« C’était au printemps 2021, en avril, une grillade-party dans un jardin à Saint Saturnin-de-Lucian (Hérault). J’étais occupé au barbecue lorsqu’est survenue une agitation autour de Frédéric. Notre ami quadragénaire avait ingéré une cacahuète qui avait fait une fausse route au point de bloquer ses voies respiratoires. Il ne respirait plus. Il ne pouvait pas parler. En détresse, il se contentait de tapoter avc sa main le haut de son thorax.Il était tout rouge » raconte Virgile Joly, réputé viticulteur de la commune. Il a été par ailleurs formateur en secourisme pendant plusieurs années, alors qu’il était pompier volontaire à la caserne de Cournonsec. « Je l’ai empoigné. Je me suis mis derrière lui. Je l’ai ceinturé comme j’ai pu parce que Frédéric est un homme de belle corpulence. Puis j’ai remonté mes poings vers le haut d’un coup sec. C’est ce qu’on appelle la manœuvre d’Hemlich pour que l’objet qui empêche la circulation de l’air soit expulsé. Et c’est ce qui s’est produit. Il a recraché la cacahuète à trois mètres, pratiquement comme dans un dessin animé. Cette technique, je l’ai enseigné pendant des mois, aux pompiers ou aux particuliers. Mais, c’était pour moi la première fois que je le faisais en condition réelle pour sauver une personne » poursuit Virgile. Cinq ans après, aux dernières nouvelles, Frédéric se porte bien. Mais, désormais, pour les cacahuètes de l’apéritif, il est très très prudent. La manoeuvre d'Hemlich pour libérer les voies respiratoires, accidentellement obstruées fait partie de l'enseignement dans une formation de type PSC1 (Prévention et secours Civique de niveau 1). Cette initiation aux premiers secours prévoit 7 heures d'exercice. Formation accessible à partir de dix ans.
Leucate : Le « permis de conduire-permis de secourir » inspiré de la Suisse est proposé par Michel Py
À Leucate, la notion de secours aux personnes et de Gestes Qui Sauvent, est déjà profondément ancrée dans la culture municipale, développée par Michel Py, le maire, réélu depuis 1995. Il est donc assez logique que la commune décide de préparer les jeunes futurs-conducteurs à sauver.
La commune de Leucate (Aude) pourrait être la toute première en France à mettre en place le permis de conduire-permis de secourir, prôné par l’initiative citoyenne 2026. Il s’agit ni plus ni moins d’une adaptation communale du système cantonal mis en place en Suisse et qui fonctionne parfaitement depuis des années. Il s’agit de former les apprentis-conducteurs au secourisme avant de prendre le volant et de satisfaire aux examens habituels pour obtenir un permis illimité dans le temps pour reprendre la terminologie helvétique. « C’est une très bonne idée que nous allons mettre en place, en respectant bien entendu toutes les règles administratives. J’ai demandé à mon équipe en mairie de vérifier dans quelle condition on peut le faire » explique Michel Py, le maire qui brigue un nouveau mandat. Depuis plusieurs années, la commune accompagne financièrement les candidats au permis. L’aide varie de 300 à 500 € selon la situation familiale. En échange, le futur conducteur s’engage à donner de son temps : 24 heures de travail pour ma commune. « C’est très certainement dans le cadre de ses 24 heures que nous allons glisser cette période de formation. Et la formation sera assurée par les sapeurs-pompiers sauveteurs du SDIS11 qui assure déjà pour nous la formation de nos maitres-nageurs sauveteurs qui officient avec les pompiers audois dans les dix postes de secours en été pour assurer la sécurité sur les 18 kilomètres de nos plages » poursuit Michel Py, ingénieur polytechnique de formation et pour qui le secours aux personnes n’est pas un sujet nouveau.
Des maîtres-nageurs du village, des défibrillateurs
« Chaque année, nous préparons plusieurs jeunes de la commune à l’examen du BNSSA (Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique), ce qui leur permet d’obtenir un emploi de maître-nageur-sauveteur. Cette formation, exigeante, inclut notamment le PSE1 (Programme de sauvetage par équipe). C’est la commune qui paie cette formation » poursuit le maire qui densifie encore cette année le parc de défibrillateurs semi-automatiques, soit à ce jour 28 installations, réparties sur tout le territoire communal. Cette année par exemple, un deuxième appareil est installé aux mas conchylicoles afin que les deux rives soient équipées. Et en 2020, c’est un défibrillateur actionné par le buraliste qui a permis de sauver une personne prise d’un malaise cardiaque sur la voie publique ; Cette année, l’accent sera mis sur la prévention des incendies et des risques d’inondation et de submersion marine. Des exercices collectifs seront organisés pour que les bons gestes soient adoptés.
Rappel : ce que prévoit le programme du sauveur en Suisse :
Le « stage » combine aspects théoriques et exercices pratiques afin d’intervenir efficacement en cas de situation d’urgence sur la route ou dans la vie courante. Le contenu se rapproche de ce qui se pratique en France (PSC ou APM).
- Évaluation d’une situation d’urgence et transmission de l’alerte
- Sécurisation du lieu d’accident et protection des blessés
- Prise en charge d’une victime : réanimation, positions de sécurité, gestion des hémorragies
- Gestion du stress et des réactions face à une situation critique
- Droits et obligations du conducteur en matière d’assistance aux victimes.
Les candidats aux élections municipales 2026 à Lencate :
Philippe Duran (SE. Nouveau Cap pour Leucate). Alain Massa (Divers centre. Perspective commune), Laure-Emmanuelle Philippe (RN. Leucate rassemblée pour rayonner). Michel Py DvD. Leucate renouveau 2026)
Pourquoi il faut former les jeunes aux gestes qui sauvent
On estime à 10 000 le nombre de personnes qui pourraient être sauvées (malaise, crise cardiaque, étouffement) avec l’intervention rapide, quasi immédiate, à la condition que l'intervenant soit formée au secourisme ou aux Gestes Qui Sauvent (GQS). Et c’est là où le bas blesse en France.
Les chiffres du secourisme et de l’apprentissage des gestes qui sauvent font froid dans le dos. Selon une enquête réalisée en septembre 2025, par la Croix-Rouge française, à peine 20 % des personnes se sentent préparés à faire face à une crise ou à une catastrophe incluant des blessés. Plus de la moitié des français déclarent mal connaître les gestes de premiers secours et seulement 10 % estiment les maîtriser parfaitement. Or, dans 9 situations sur 10 , c’est un proche qui se trouve en danger.
En fait, depuis des années, plus de vingt ans, la France est en retard et elle peine toujours à rejoindre les pays plus vertueux comme l’Allemagne à 80 % de personnes formées ou bien comme le champion toutes catégorie : la Norvège à 95 %. Ici, en France, on parle de 44 % de la population qui ont reçu un jour ou l’autre une formation, dont 17 % une initiation de quelques heures. Et on n’est pas sûr du tout que les « initiés » aient validé des remises à jour de leurs savoirs. Nous sommes encore très loin des 80 % des personnes formés notamment aux premiers gestes qui sauvent (GQS). C’était la feuille de route fixée par Emmanuel Macron à son arrivée à l’Elysée… En 2017.
D'où l'intérêt de mettre en place des stage de formation pour les jeunes. Via la Croix-Rouge française, la Protection civile ou les SDIS (Service Départemental d'Incendie et de Secours) des sapeurs-pompiers. Notamment pour les jeunes qui se destinent à la conduite automobile.
Si vous avez mis en place un programme « premiers secours » ou si vous envisagez de le faire, signalez-vous à l'initiative citoyenne : topsud34@gmail.com
Former aux premiers soins les jeunes conducteurs : une idée citoyenne à partager sans modération
“On est tous capables de sauver une vie, il suffit d’apprendre”
Croix-Rouge française. 13 Septembre 2025
Rapprocher les apprentis de la conduite automobile et la formation aux gestes qui sauvent, est une évidence. En France, des dizaines de communes ou de collectivités territoriales proposent des aides pour financer le permis de conduire. C’est une très bonne chose. Ainsi, les jeunes mettent de la mobilité et de l’autonomie dans leur vie de jeune adulte et leur parcours professionnel. Je propose que le versement de ces aides soient conditionnées à la formation de secourisme (PSC, premiers secours citoyen) ou aux premiers gestes qui sauvent. Les jeunes conducteurs seront parfaitement armés pour faire la route, mieux armés aussi pour secourir et venir en aide lorsque surviennent malaises ou accidents. Ces participations financières sont parfois très importantes : 600 € pour la commune de Mauguio-Carnon, de 300 à 500 € selon la situation familiale à Leucate dans l’Aude. Les élus qui ne proposent pas d’aide financière, peuvent organiser pour les 16-18 ans des journées de formation, notamment pendant les périodes de vacances scolaires.
L’exemple Suisse.
Ce couplage « permis de conduire-formation de premiers secours » fonctionne parfaitement depuis longtemps chez nos voisins suisses. À partir de sa dix-septième année le candidat (ou candidate) suit une formation pour faire progresser le dossier jusqu’à obtenir un permis à durée illimitée. Cette formation validée (88 % de succès) est nécessaire pour obtenir son statut d’apprentis-conducteur. Cette formation dure douze heures réparties sur deux jours (le vendredi soir et le samedi dans le canton de Genève).

Quoi dans la formation du sauveur en Suisse.
Le « stage » combine aspects théoriques et exercices pratiques afin d’intervenir efficacement en cas de situation d’urgence sur la route ou dans la vie courante. Le contenu se rapproche de ce qui se pratique en France (PSC ou APM).
- Évaluation d’une situation d’urgence et transmission de l’alerte
- Sécurisation du lieu d’accident et protection des blessés
- Prise en charge d’une victime : réanimation, positions de sécurité, gestion des hémorragies
- Gestion du stress et des réactions face à une situation critique
- Droits et obligations du conducteur en matière d’assistance aux victimes
Quatre propositions suggérées pour installer l’offre « premiers soins ».
Permis de conduire-Permis de secourir. Avec le PSC ou une journée de formation spécfique.
Stage de formation aux risques majeurs : incendies (domicile, forêt, nature). Inondations et submersions. Noyades pour les territoires exposés.
Initiation à la réduction des risques et la prévention des accidents de la vie courante.
Densification et localisation des défibrillateurs semi-automatiques.
J’appelle les maires, les élus, les candidats à se saisir de cette proposition, très peu documentée dans les programmes électoraux pourtant abondamment diffusés. Il s'agit là d'une démarche citoyenne, non partisane.
Elle doit permettre aux jeunes générations de s'aguerrir à sauver des vies.