
À un moment de sa vie, au moins une fois, il faut avoir traversé une des nuits incandescentes du festival de Jazz de l’Hospitalet. Parce que dans le grand domaine viticole de Gérard Bertrand, sur les hauteurs du massif de La Clape et de Narbonne (Aude), on n’est jamais à l’abri d’un séisme sensoriel et émotionnel de grande magnitude. C’est ce qui s’est produit le vendredi 19 juillet dernier, un peu avant minuit, lorsque Cali a jailli des coulisses, comme d’un toril. On l’entendait même piaffer dans la semi-pénombre avant d’entrer dans la lumière et de tout emporter sur son passage devant les 25 musiciens du Big Band Brass de Dominique Rieux. Au bout de deux chansons, les 2/3 des 1400 spectateurs tanguaient debout sur leurs sièges et s’accrochaient pour ne pas chavirer. Cali est un ami de la famille « L’Hospitalet ». Il s’est produit une demi-douzaine de fois dont la fameuse nuit d’anthologie du festival de 2020 organisée après les ténèbres du Covid. Le chanteur a tenu sur scène pendant près de trois heures sous une pluie battante, scotchant sur place un public stoïque, sous des panchos tansparents et derrière leurs masques sanitaires.

Cette fois-ci, en 2024, point de pluie, juste une soirée douce après une journée de feu à 38° et les trois autres artistes (Anne Sila, Benabar, Nolwenn Leroy) ainsi emportés eux-mêmes par cette folie artistique ordinaire. « C’est un moment un peu magique, c’est le grand bonheur du partage avec tout le monde » explique Cali déjà engagé dans la séquence festive réputée de l’Hospitalet après les concerts. Avant lui, les deux « filles » et Benabar avaient sacrément bien assuré. Anne Sila avec sa voix, arrachant larmes et émotion pour la reprise de la chanson culte de Serge Lama (Je suis malade). Benabar désinvolte et brillant et Nolwenn Leroy en bretonne tourbillonnante sous la quasi-pleine lune, grande artiste, bluffée par la prestation musicale de Big Band Brass. Et qui se verrait bien ne chanter qu’avec eux et leurs trois sections de cuivres avant elle-aussi de plonger avec Cali dans la Mer de Charles Trenet réorchestrée, forcément. Le concert, aurait même pu ne jamais s’arrêter. Cali en est capable. Ils ont clôturé sur « Comment te dire adieu », de Françoise Hardy, hommage joyeux avant de plonger dans l’After dans les jardins de L’Hospitalet, avec son DJ et son groupe de rock, ses bars à cocktails, ses bars à grande cuvée Gérard Bertrand.
Et dans la foule donc ? Les mêmes : Anne Sila, Benabar et Cali pour des centaines de selfies. Avec quand même une grande incertitude : à quel moment Cali va-t-il bondir à nouveau sur scène avec le groupe de rock ? Finalement vers 3h00. Pour une reprise magistrale de « With and Without You » de U2. Les smartphones, ceux qui ont encore de la batterie, tournent à plein régime pour graver cette véritable pépite musicale. Après tout ça, il est toujours trop tôt pour rentrer à l’heure où les montres, comme dans les tableaux de Dali, deviennent molles et ne donnent qu’une image approximative du temps qui passe. Dans la navette qui reconduisent les invités aux hôtels, un couple d’américains échange des « Wonderful » et des Marvellous » signe que cette nuit-là les a marqués. Dans quelques heures après le lever du soleil doré sur les plages de la Côte des Roses au pied de l’Hospitalet, des milliers d’images vont inonder le monde via les réseaux sociaux et rendre compte de ce moment-là devenant ainsi un formidable vecteur d’image pour l’Art de Vivre et la marque Gérard Bertrand.
Sur les cinq jours du festival des centaines d’invités accourent du monde entier pour une parenthèse enchantée incluant découvertes de la gastronomie du chef Laurent Chabert, des paysages et des terroirs et surtout des domaines dans des environnements d’exception. Ils ont adoré Le clos D’Ora en appellation Minervois La Livinière et surtout le Clos du Temple à Cabrières pour son rosé de longue garde sacré meilleur vin rosé du monde.

Ainsi, les deux plus importants importateurs de vins japonais ont-ils pu découvrir tout cela plus Roberto Fonseca, puisque le festival programme à la fois des artistes de niveau international (Gregory Porter, Imany, Georges Benson, Yuri Buenaventura, Nile Rogers) et des têtes d’affiche françaises (Obispo, Cali, Christophe Mahé, Ibrahim Maalouf) qui font le bonheur des spectateurs notamment issus d’Occitanie avec une vraie fidélité des entreprises régionales qui retiennent des tables entières pour une soirée très complète de fête pour leurs clients et leurs cadres. Plus les compagnons de cette route de toujours, précieux, inspirés, inspirants : le rugbyman Didier Codorniou, maire de Gruissan, vice-président de la Région Occitanie, Louis Privat fondateur des Grands Buffets de Narbonne, Gilles Goujon le chef étoilé du Vieux Puits de Fontjoncouse et toujours une pléiade de sportifs.
Gérard Bertrand termine ainsi la grande boucle stratégique et même philosophique entamée en avril 2002 à l’heure de racheter le domaine de L’Hospitalet à l’homme d’affaires Jacques Ribourel. « En arrivant ici, il m’est arrivé quelque chose d’extra-ordinaire : la rencontre avec les visiteurs. Ma perception change totalement » écrit Gérard Bertrand dans son premier livre « Le vin à la belle étoile » (2016. Éditions de La Martinière). « Je réfléchis à tout ce qui peut sublimer cette rencontre, l’accompagner, donner envie aux gens de revenir, les rendre curieux, offrir du plaisir, tout simplement. Régaler les yeux, le palais et le cœur » livre-t-il enfin. Après vingt années de travail en famille, notamment avec Ingrid son épouse, de recrutements pointilleux, d’investissements et d’innovations, l’objectif est atteint. L’Hospitalet est devenu le sanctuaire de l’Art de Vivre Méditerranéen.
AVERTISSEMENT : L’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
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