
Ce sont des bois à perte de vue, une sorte d’océan vert foncé du feuillage des chênes centenaires attendri par le vert pastel des fougères. C’est entre Bourbonnais et Berry au nord-ouest de Montluçon (Allier). La visite est une sorte de cure d’oxygénation dans un univers totalement naturel construit par et pour la forêt à partir du XVIIe siècle par Colbert lui-même. Il est alors le ministre d’État de Louis XIV et l’homme de la plantation des forêts en France pour reconstituer, une réserve de charpentes pour la marine nationale, grande consommatrice de bois d’œuvre au XVIIIe siècle. Tronçais est aujourd’hui constitué de grandes parcelles boisées gérées par l’office national des forêts. Elle comprend aussi des prairies, des cultures de céréales et des pièces d’eau remarquables (étang de Tronçais, lac de Saint Bonnet, étang de Saloup, de Morat, de Goule) qui donne à ce site touristique sous-fréquenté un prégnant sentiment de grands espaces et de sérénité dans un « pays » jalonné de petits villages bourbonnais typiques loin des paysages urbains.
Pour visiter, le vélo est le vecteur idéal qui permet d’emprunter à la fois les routes départementales traversantes du massif boisé et les pistes forestières réservées aux piétons et aux cyclistes. La déambulation libre dans les parcelles boisées est limitée aux abords des principaux sites remarquables.

Le Pays de Tronçais, acteur territorial de la destination, propose un circuit de 18 kilomètres qui fait le tour des différentes curiosités. Mais le fléchage est minimaliste et il faut compter avec un solide sens de l’orientation pour viser la trajectoire au plus juste. Prévoyez plutôt de rouler sur une trentaine de kilomètres pour tout découvrir de cette destination rafraichissante.
Pour bien appréhender votre journée découverte, commencez par le bureau de tourisme de Pays de Tronçais dans la coquette bourgade de Cérilly (Place du champ de foire. 8h30-12h30. 14h30-17h30).
Puis, une fois armés, de conseils, de plans et de descriptifs, parfois contradictoires, filez, à 7 kilomètres de route départementale, au rond Garden, l’épicentre de la forêt au croisement des départementales D953 ouest-est et D978A nord-sud. Sur place l’auberge du Rond Garden, pour dormir à l’hôtel étoiles ou se restaurer au restaurant « old school » très fréquenté par les locaux (à partir de 20 €). Au cœur de la forêt. On peut aussi se loger et se ravitailler à Tronçais (Le Tronçais, logis de France, bonne table).
Le chêne Le chêne Emile Guillaumin. A quelques centaines de mètres du Rond Gardien. Rend hommage au poête écrivain bourbonnais qui rendait hommage à la forêt. 46 mètres, 314 ans de vie.
Le chêne Charles-Louis Philippe, romancier et poète du XIXe siècle.
Le chêne carré : l’ancêtre de la forêt. Hauteur : 40 mètres. Circonférence : 6,35 mètres. Âge : 394 ans.
La réserve Colbert II. Un bel ensemble de chênes Sessiles bicentenaires.
Les villages d’architecture médiévale d’Ainay-Le-Château à nord, de Hérisson au sud.