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Apothéose olympique à Paris 2024

Impressionnante ferveur sportive sans limite de nationalité dans le creuset de Paris 2024 ici au Parc des Champions au Trocadero

Dans le cœur des olympiens, le feu sacré ne s’éteint jamais. On réduit juste un peu la flamme avant de la brandir à nouveau fièrement dans une vingtaine de villes de France pour lancer le deuxième acte, Paralympique, ce 28 août. Ce rendez-vous avec le monde entier est aussi prometteur que la sublime quinzaine olympique avec en supplément la valeur de l’exemple. Jusqu’au 8 septembre (Billeterie).

À lire aussi dans ce dossier : Paris 2024 de l'intérieur et le tableau historique des médailles depuis 1896.

Parcours du Relais de la Flamme Paralympique des Jeux de Paris 2024 à Montpellier (Hérault) Le dimanche  25 août 2024. Photo Paris 2024.
Parcours du Relais de la Flamme Paralympique des Jeux de Paris 2024 à Montpellier (Hérault) Le dimanche  25 août 2024. Photo Paris 2024.

Ils vibrent encore, forcément, les adeptes des jeux 2024 ! Deux semaines après l’extinction des feux olympiques au Stade de France devant plus de 17 millions de téléspectateurs, le drapeau blanc frappé des cinq anneaux flotte toujours dans le vent, dans les jardins et les bars de plage du sud de la France alors que la fièvre n’est jamais vraiment retombée depuis que la Flamme Olympique a débarqué dans le vieux Port de Marseille le 8 mai porté par Florent Manaudou et qu’elle a éclairé l’entièreté de l’hexagone, en passant par Montpellier et Font Romeu, le creuset historique de la préparation olympique française en altitude. Ce dimanche, l’une des douze flammes paralympiques débarquées d’Angleterre a fasciné plusieurs milliers de personnes dans les rues de Montpellier avant de rallier Vichy puis de rejoindre Paris 2024 pour l’acte 2 de l’apothéose olympique et parachever la légende de cette 34e olympiade à Paris. Ou la preuve vivante que l’on peut réussir un événement exceptionnel sur la base de la bienveillance, de la joie de vivre, du travail et du partage dans un pays où tout ne va pas si bien.

Des stades et des espaces olympiques ont affiché complet

Jamais dans la longue histoire des jeux olympiques modernes, l’événement avait cristallisé autant d’irremplaçables moments d’émotion partagés en famille, entre amis et mieux encore « emportés par la foule » olympique sur les gradins de Paris 2024 dressés jusqu’au ciel pour accueillir plus de 9 500 000 spectateurs payants.  Jamais l'émotion à l'état pure avait ainsi circulé, accéléré par le sentiment de sincèrité qui s'est dégagé des athlètes.

Marlène Gallego, membre du staff COJOP de Paris 2024 devant le parc des champions
Marlène Gallego, responsable logistique  à Paname 24 l'organisme chargé de l'organisation des cérémonies d'ouverture  de Paris2024.

 Dans toute l'histoire des jeux olympiques, c'est le nouveau record absolu de fréquentation pour la quinzaine d’été largement au-delà des Jeux d'Atlanta en 1996. Et on peut légitimement penser que les 12 000 000 de billets Paris 2024 vendus seront atteints avec les Paralympiques qui annoncent déjà 1 750 000 réservations. Au-delà de cette comptabilité et de l’impressionnante réussite commerciale qui englobe aussi la vente des produits dérivés chez les partenaires bientôt en rupture de stock même si les prix ont été revus à la baisse depuis le 11 août,  c'est un sentiment de réussite  même si certaines scènes de la cérémonie d'ouverture font encore aujourd'hui polémique. C’est  même la palme d’or  qui est accordée au COJOP (Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques), à l’unanimité (incluant les plus grincheux) pour la mise en scène et la réalisation télévisuelle ressuscitant Pierre de Coubertin et sublimant sa devise olympique. Et même en la revisitant sur une lecture purement esthétique et architecturale qu'il sera difficile de réinventer dans les prochaines villes olympiques.

Paris 2024 plus fort... Plus beau

Les invalides de Paris

Paris 2024 plus vite, Plus haut, plus fort, Paris ensemble et même en prime Paris 2024 plus beau avec sa cinématographie des exploits dans des décors naturels dignes de grands films ou de séries internationales. Ainsi, la Tour Eiffel, les Invalides, la Concorde, le Grand Palais, Montmartre, Versailles ont-ils transformés les athlètes en acteurs sincères et spontanés de cette passionnante superproduction qui a scotché les supporters distanciels par millions devant leurs grands écrans, sans modération, pour cause de sensations et d’émotions à répétition idéalement distillées par de fracassants « money time » : Teddy Riner, Léon Marchand, les basketteurs français et américains, les frères Lebrun en ping...  Cette empreinte de l’émotion n’a pas épargné les non-médaillés. Ainsi Alice Finot et sa fameuse dernière ligne droite sur le 800 mètres féminin couronnée d’un record d’Europe au pied du podium fondant en larmes de joie mais sans la médaille.

Le creuset des médailles de demain

Parce que les belles performances sans podium sont souvent les creusets des futures médailles, comme pour Jacky Avril, en bronze à Barcelone en 92 pour le slalom en canoë. « Trois ans plus tôt, aux championnats du Monde de Savage River, ma seconde manche avait été remarquée mais j’avais fini quatrième. J’avais eu droit à une citation dans l’Equipe. C’est à partir de ce moment-là que mon entourage personnel m’a vraiment considéré comme un athlète de haut niveau » me racontait-il lors de la soirée de la célébration olympique à Seo de Urgell, après avoir surclassé l’américain Jon Lugbill, alors boss de la catégorie. Sa médaille, Jacky Avril la devait surtout à la préparation intense pendant trois ans dans une situation économique parfois acrobatique dont les sélectionnés olympiques connaissent toutes les facettes.

Tous les sites d'animation de Paris 2024 ont connu une très forte fréquentation. Ici le Décathlon-Play Ground.
Tous les sites d'animation de Paris 2024 ont connu une très forte fréquentation. Ici le Décathlon-Play Ground.

L'accompagnement de l'Agence Nationale du Sport

« Pour les jeux de Rio, 40 % de nos athlètes se situaient sous le seuil de pauvreté. La création de l’Agence Nationale du Sport a permis de sortir de cette situation. Pour Paris 2024, 100 % des athlètes qui en avaient besoin ont été accompagnés, à hauteur de 40 000 € par an » a détaillé au micro de RTL Claude Onesta le patron de l’ANS qui a transformé le quotidien personnel et familial de nos chasseurs de médailles qui ne sont pas tous footballeurs, basketteurs, tennismen… Lui espère juste que ce dispositif d’accompagnement soit prolongé jusqu’à Los Angeles 2028.

Paris 2024 contre Snoop Dogg ?

Le succès de Paris 2024 tient aussi à l’organisation parfaite des épreuves, y compris sur les sites hors de Paris avec souvent de l’innovation là encore pour optimiser le rendu télévisuel comme à Marseille pour la voile. « Sur le vaste plan d’eau, quatre régates pouvaient se tenir simultanément. J’ai eu la chance, comme pas mal de spectateurs, d’embarquer sur un bateau pour suivre de près le départ historique de l’épreuve de kite surf, une première olympique. Ce jour-là pour moi, ce fût un très grand moment d’émotion » raconte Valérie Salles du Mondial du Vent de Leucate, ancienne championne du monde de planche à voile open alors que les « marins et marines de France » n’ont pas eu, cette fois-ci, le rendement habituel de médailles (l’argent pour Lauriane Nolot en kite surf féminin, le bronze pour Sarah Steyaert et Charline Picon, skiff féminin 49er FX). Ce  faible résultat sur l'eau a été grandement compensé par les performances dans les autres disciplines pour totaliser 64 médailles dont 16 d’or pour la France, arrachées avec la fervente complicité des supporters endiablés, infatigables, dopés par les karaokés géants à base des chansons françaises de Johnny, de Joe Dassin, de Charles Aznavour. Ces spectateurs ont été des acteurs, eux-aussi, de ce succès prolongé hors stades aussi bien au parc des Champions qu’au Club France deux autres belles réussites festives du COJOP. Parce que les Jeux et le sport c’est aussi la fête. En espérant que l’esprit de Paris puisse inspirer Los Angeles. Après la diffusion de la vidéo de présentation très minimaliste des jeux de 2028, les journalistes américains, eux-mêmes, ont émis des doutes sur la capacité de faire aussi bien. À l’évidence, il faudra beaucoup plus que les cascades de Tom Cruise et la beach party du rappeur Snoop Dogg pour faire oublier la voix de Johnny et la foi de Paris 2024. Il en va de la réputation d’Hollywood.

Christian GOUTORBE

Paris 2024 : la France consolide sa 5e place au classement historique des médailles

Le journal l’Équipe tient la comptabilité des médailles depuis la création des Jeux Olympiques modernes en 1896. Ce classement a été publié dans l’excellent ouvrage « 100 ans de Jeux Olympiques 1896-2024 » aux éditions Solar. Avec le score enregistré lors de Paris 2024 (64 médailles dont 16 d’or), la France consolide sa cinquième place mondiale. Les États-Unis sont intouchables avec 2781 médailles dont 1110 en or

Historique des médailles de médailles et médailles d'or depuis le J.O. de 1896

Paris 2024 vécu de l’intérieur : « une ambiance inoubliable »

Marlène Gallego - Paname 2024

Marlène Gallego, responsable de la régie logistique au poste de commandement de l' organisation Paname 24, pour la parade des bateaux lors la cérémonie d’ouverture pour Paris 2024. (Directrice de projet événementiel dans la vie) Paname 24 est la cellule organisatrice des 2 cérémonies d’ouverture des Jeux Olympiques et Paralympiques.

« J’ai rejoint Paname 24 pour une première mission de dix jours, notamment centrée sur l’organisation de la grande parade des bateaux sur la Seine. C’était pour moi incroyable de me retrouver au cœur d’un dispositif ultra-sécurisé à la hauteur de l’événement. C’était une expérience extraordinaire. Pendant toute la période des jeux il a régné à Paris une chaude ambiance de convivialité entre tous, touristes ou parisiens. J’ai jamais vu la ville de Paris aussi belle, aussi bien mise en valeur pour servir de cadre aux épreuves au pied de la tour Eiffel, aux Invalides, à la Concorde, à Montmartre. Les installations mises en place pour la cérémonie d’ouverture ont été particulièrement bien été réutilisées par la suite comme au Trocadero.

Dans les compétitions, quelque chose de beau m’a marqué ! J’ai vu, de mes propres yeux, des athlètes de nations différentes s’encourager mutuellement alors qu’ils étaient concurrents, se prendre ensemble en photos ou en selfies.

Et puis ce public, cette ambiance, ces sensations, ces émotions, ces instants fous au-delà bien sûr des médailles françaises. Notamment le soir venu dans le Parc des Champions. On y célébrait les victoires, les athlètes et les pays en communion totale. J’ai trouvé cette initiative exemplaire, tout comme le Club France que j’ai fréquenté à titre perso comme à titre professionnel. Comme beaucoup d’autres personnes du staff du COJOP et de Paname 24, des volontaires de nos équipes, j’ai eu le sentiment de vivre un moment rare et d’exception. C’est la démonstration qu’on peut tous vivre dans un monde doux et de fraternité, y compris dans une ambiance sportive de compétition.

Dans quelques jours, je rejoins Paris pour ma seconde mission de logistique athlètes pour la cérémonie d’ouverture des jeux paralympiques. J’ai hâte de retrouver cette ambiance inoubliable"

Le Grand défi paralympique pour 4 400 athlètes mondiaux

« Enfin, le village olympique reprend vie avec l’installation des athlètes paralympiques depuis quelques jours » s’est exclamé Tony Estanguet le président du COJOP (comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques) de Paris 2024 au moment de la réouverture du village. Du 28 août au 8 septembre, 4 400 athlètes de 169 délégations vont participer à 549 épreuves dans 22 sports Paralympiques. Les épreuves sportives se dérouleront dans vingt lieux qui ont accueilli les compétitions olympiques. La cérémonie d’ouverture organisée place de la Concorde pour 65 000 spectateurs sera précédé par la descente des Champs Elysées par les délégations d’athlètes. Parfaite incarnation de l’esprit paralympique Nantenin Keïta, spécialiste du 400 mètres sera le porte-drapeau de l’équipe de France et l’une des sérieuses chances de médailles dans le prolongement de son sacre olympique à Rio en 2016. Jusqu’au 8 septembre. À 48 heures de la cérémonie d'ouverture. Il restait encore des places.

Billeterie Paris 2024

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