Nimagine : à l'autre bout du monde de Shein... les doigts d'or des villages de France

Nimagine, le salon des arts, des artisants et du savoir-faire français est le contrepied absolu de la multinationale Shein parfumée au  scandale des poupées pédopornographique. Jusqu’au 16 novembre prochain au parc des expositions  de Nîmes (Gard).

Pendant que Shein tente un acrobatique parachutage commercial au BHV  de Paris et dans différentes adresses en France, à l’autre  bout de ce  monde, Nimagine le salon nîmois  poursuit son bonhomme de chemin  vertueux depuis tout juste cinquante ans. Ici, voici donc le sanctuaire du savoir-faire français, dans un contexte absolu de fidélité des 180 exposants et des 15 000 visiteurs passionnés par les artisans d’art, les artistes contemporains, les céramistes, les créatrices de mode. Environ 40 % de ses manufacturiers viennent  d’Occitanie pour y exposer leurs créations de l’année, destinées, invariablement  au pied du sapin pour des cadeaux souvent inédits et originaux qui ne doivent rien aux usines asiatiques qui saturent le marché. Ceux-là, je veux  dire les artisans  français, travaillent  très majoritairement depuis des petits  villages  français, comme le photographe animalier Fabien Dubessy  installé à Saint Nicolas-des-Biefs  sur les hauteurs  de la montagne bourbonnaise. Ces adroits de leurs mains et de leurs inspirations arrivent de Forcalquier, de Guillestre, d'Espelette, d'Oloron-Sainte-Marie, ou d'Hyères.

Les artisans des  villages de France

Un peu par  hasard, Caveirac, petit village prés de Nîmes est-il devenu un étonnant centre de création autour du sac-à-main. Trois couturières  les customisent et les  réinventent avec talent, la plupart du temps avec des tissus de récupération, ce  donne à la  vieille étoffe,  une deuxième  vie,  chic et choc.

Nimagine 2025. L'artiste Goro à l'oeuvre
Nimagine 2025. L'artiste Goro à l'oeuvre

La récup  et les doigts en or

La récup ? C’est aussi l’affaire de Nicolas Pons (les meubles de Nicolas)  menuisier créateur  qui crée des cuisines et des salles de bain avec du boin de palettes ou des planches  anciennes. Juste en  face de son stand,  la  céramiste Goro s’applique. Même dans l’effervescence du salon, elle décore des assiettes. La main et le pinceau ne tremblent jamais. Et ces céramiques  sont exceptionnelles. Enfin, voici Marie-Antoilette, des bas de haute-couture tricotés  à Saint Bauzille de Putois  dans l’ancien  fief des bas de soie au pied des Cévennes.  Les bas et collants sont imprimés dans l’Ain pour gainer de couleurs et d’univers les  fines jambes des  femmes, qui, majoritairement arpentent  les allées de Nimagine, depuis  50 ans et sans «shein »  de lassitude.

NIMAGINE. expo-nimes.com