Comment, les gesticulations guerrières de Donald Trump au Moyen-Orient, ont impacté le tourisme mondial
Le salon mondial du tourisme de Paris (IFTM) a tiré les conclusions de cette saison 2026. Sous forte influence géo-politique et économique. Avec une baisse globale du trafic touristique pour les voyageurs français.
Les acteurs du tourisme en France et à l’international sont unanimes : les « Trumperies » du printemps dernier au Moyen-Orient, ont mis un coup de frein brutal aux réservations pour de très nombreuses destinations. Ainsi chez les opérateurs, le « volume d’affaires » a chuté de 20% en mars. Avril est à peine moins pire avec – 13 % avant une rechute à 21 % en juin, soit une baisse globale de 5,1 % du nombre de dossiers traités par les professionnels du tourisme en France. Ce qui est perdu durant ces trois mois d’intense activité de réservations ne peut se rattraper avec un mois de juillet à – 1 % puis une timide reprise en août avec + 7%.

Dans cette instabilité géopolitique, toutes les destinations ne sont pas logées à la même enseigne. L’Albanie, chouchoutée par les compagnies low-cost réalise une percée remarquée avec une progression de 292 %. Les français y ont été vus très nombreux : 300 000 arrivées. Ils représentent aujourd’hui 34 % de la clientèle avec un possible transfert des touristes de Croatie (- 9 %). Cette soudaine attractivité de l’Albanie, va de pair avec un rapport qualité-prix excellent et une baisse des paniers moyens de 8,8 %, ce qui représente des efforts tarifaires importants sauf à considérer que des vacanciers radins auraient massivement mis le cap sur Tirana. Dans ce grand palmarès, l’Espagne tire sont épingle du jeu malgré des canicules à répétition ( + 0,1 %) avec un panier moyen stable ( + 0,5 %). L’Espagne reste d’ailleurs la destination favorite des français devant la Tunise, la Grêce, le Maroc et l’ Italie. « En Espagne, on note toutefois un recul dans les îles et dans les stations du littoral qui décrochent cet été alors que l’espace continentale n’a pas souffert. On retrouve le même phénomène en Grèce avec une baisse de fréquentation dans les îles, sauf rares exceptions, et plutôt un mieux dans la partie continentale. La Grèce chute de 7,1 % mais maintient grosso modo son panier moyen ( -1,7 %) » estime Linda Lainé Rédactrice en chef de l’Echo du tourisme qui boucle cette passionnante enquête des tendances à l’international 2026. Parmi les ténors du tourismes, l’Italie est enrhumée ( - 5,6 %) malgré la saison d’après les jeux olympiques de Cortina d’Ampezzo-Milan. Il y a bien eu un effet jeu combiné à une très importante campagne de communication sur les réseaux sociaux, Le cocktail a abouti à un incroyable embouteillage en haute saison au paradis absolu des Dolomites totalement saturées cette année.
L'Egypte redevient une destination plébiscitée

Le Sud Tyrol est aujourd’hui une région directement concerné par le phénomène du surtourisme. Dans ce ralentissement général, on note tout de même des bons élèves comme l’Egypte qui revient dans la course de la haute saison d’été ( + 14 % ) avec un effet grand musée du Caire incontestable. Au prix d’un effort marketing considérable, la République Dominicaine (+ 2,7 %) revient dans la course tout comme le Maroc ( + 1,7 %) qui affûte ses armes pour la coupe du monde de football de 2030. Enfin,il se dit que ceux qui voulaient fuir les canicules auraient trouver refuge climatique au Royaume Uni ( + 4,1 %) et mieux encore en Finlande ( +10, 7 %).
Les catastrophes.
Forcément avec les incertitudes dans les hubs du golf persique et autres doutes, les destinations asiatiques sont les premières victimes. « Alors que tout s’annonçait comme une super saison pour 2026 dans le Pacifique, tout s’est arrêté au printemps et n’est jamais reparti. Y compris en avril les annulations ont été très nombreuses pour le Japon avec la campagne des cerisiers en fleur au mois d’avril » indique Guillaume Linto, directeur de l’agence Asia. Ainsi Vietnam (- 4 %), Thaïlande ( - 4,4 %) l’Ile Maurice ( - 5,9 %), le Cambodge, le Laos, sont en recul. C’est encore le cas cette année pour les Etats-Unis (- 25 %). Le coût de la vie, en forte augmentation, rebute les visiteurs et le « charisme personnel » de Donald Trump n’a pas permis d’inverser la tendance, bien au contraire. La Turquie manque totalement sa saison (- 32 %) à cause sans doute de sa proximité géographique avec le Moyen-Orient. Le Portugal paie san doute le prix de la canicule ( - 14%).
Perspectives de Toussaint
Pour la période des vacances solaires de la Toussaint, les cartes sont rebattues. L’émergente Albanie est toujours à la hausse (+ 237 %) comme le Royaume-Uni (+ 52 %), l’Italie (+ 17,9 %), l’Espagne (+ 5,4 %). Le Japon (+ 17 %) est à nouveau plébiscité pour remplacer les voyages annulés du printemps dernier.