
Pour ceux qui ont eu accès au dossier dans le détail, elle a été très bien reçue. Les maires ont estimé que ce qui était dans le rapport reflétait parfaitement leur quotidien. Ce qui est assez logique dans la mesure où les verbatims étaient directement tirés des déclarations de maires eux-mêmes, interrogés sous la forme d’un sondage. Nous avons récupéré 1 120 réponses lors d’une première collecte réalisée en février et mars 2024, complétée par une seconde avec 900 documents très complets remplis en juin et juillet. C’est une enquête jamais réalisée et qui a permis de collecter 300 000 données. Les maires des villes de moins de 10 000 habitants ont joué le jeu comme ils le font toujours. Ils ont pris le temps de remplir ce questionnaire très complet, de s’autoévaluer en quelque sorte sur des données aussi précises que la qualité de leur sommeil, leur état de fatigue ou de lassitude. Et le premier résultat, c’est que 31 % des maires de l’échantillon représentatifs font face à un début d’épuisement et 3,48 % sont, eux en risque sévère d’épuisement. Dans l’étude, il semble que les femmes maires présentent un risque de burn-out significativement plus élevé. De même, on a observé que l’isolement du maire, est un facteur aggravant. Ceux qui sont bien entourés s’en sortent mieux. Mais le tableau n’est pas tout noir. 69,3 % de ces élus de grande proximité affichent une satisfaction en tant qu’élu ce qui, ma foi, contraste avec la perception générale.
Les éléments positifs, que l’on peut ranger sur l’étagère sont finalement assez nombreux. On dénombre trente-quatre facteurs qui prennent place dans notre satisfactomètre des maires. Les éléments satisfacteurs les plus intenses sont l'achèvement ou la réussite d’un projet communal ou d’un dossier, les cérémonies et les célébrations et enfin toujours sur le podium, une bonne entente avec les membres du conseil municipal.
Les stresseurs les plus intenses sont la complexité et la lourdeur, pour ne pas dire les lourdeurs administratives, la charge de travail de la fonction et le manque de temps pour exécuter toutes les tâches et aussi les difficultés liées à l’obtention de subventions.

Ces deux outils, complémentaires, stressomètre et satisfactomètre sont valides et prédictifs du risque de burn-out des maires et de leur état de bien-être. Ces indicateurs vont permettre de bâtir le dispositif de Amarok e-santé des maires pour les accompagner. C’est un dispositif inédit de prévention contre le burn-out des maires qui jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans l’exercice de notre démocratie. Ils sont un des piliers de notre pays. Ce chantier a été conçue et financée par l’observatoire Amarok, notre laboratoire de recherche qui fonctionne en association sans but lucratif. La recherche inclut également le Labex Entreprendre de l’université de Montpellier. L’association des maires ruraux de France, sans doute les plus exposés, a accompagnée cette démarche que je crois salutaire. Cette étude a été conduite avec Mathieu Le Moal et par les chercheurs de notre observatoire. Les dispositifs d’accompagnement et d’écoute seront mis en place d’ici la fin de l’année, notamment sous l’égide de l’association des maires de France. La situation psychologique des maires est plutôt meilleure qu’attendue mais on peut considérer que 3,48 % d’entre eux se trouvent aujourd’hui dans une délicate situation de burn-out. Et cela représente 1 200 maires. Ce n’est pas rien. Une république mature, c'est une république qui protège ses acteurs.
La méthode de ces deux indicateurs est fondée sur la théorie des événements de la vie. La santé et la bonne santé d'un individu dépend étroitement des expériences auxquelles il est confronté.


Visionnaire intrépide et hyperactif, le professeur Olivier Torrès ne se contente pas d’enseigner l’économie à l’université de Montpellier. Dès 2009, avec sa vista, ce fils de commerçants et de chef d'entreprise de Sète, nous a alerté sur la santé mentale des dirigeants d’entreprise, ses patrons de PME, créant ainsi le concept de Pmiste. Il est un conférencier passionnant. Il en a tenu plus de 800 dans toute la France, notamment dans des petites ou moyennes villes.
Il faut avoir suivi l’une ou l’autre de ses conférences pour voir de ses propres yeux, les dirigeants d’entreprise présents se transfigurer, mettre enfin un nom sur leur mal-être lié à l’épuisement. Puis enfin changer la voilure, prendre immédiatement un rendez-vous pour un check-up complet. Une petite PME avec son patron sur un lit d’hôpital, n’avance plus à la même vitesse. Pour beaucoup, la prise de conscience de cette situation est brutale mais elle a permis d’anticiper et sans doute de ne pas passer par la case « burn-out ». Son ouvrage, « la santé des dirigeants » (éditions De Boeck) a été réédité à quatre reprises. Plus de 20 000 dirigeants d'entreprise en risque sérieux de burn-out ont été dépistés.
Le programme :
Vendredi 27 septembre à Béziers. (Parc des Expositions. De 14h00 à 14h300).
Conférence du professeur Olivier Torrès sur la santé mentale des maires, dans le cadre du salon des maires de l'Hérault. Entrée libre.
Samedi 28 septembre à Saint Julien-et-Arceau (Côte d'Or). Conférence du professeur Olivier Torrès dans le cadre de l'assemblée générale de l'association des maires ruraux de France (AMRF) partenaire de l'observatoire Amarok pour cette étude.